Par Équipe JA Technology · Publié le 25 mars 2027 · 6 min de lecture

Perdre son emploi bouleverse l'équilibre du budget, mais une chose ne change pas : l'assurance de base LAMal demeure obligatoire pour chaque résident en Suisse, sans interruption possible. La prime, elle, ne dépend pas du salaire et continue de courir. La bonne nouvelle ? Plusieurs leviers existent pour l'alléger pendant cette période : ajuster la franchise, opter pour un modèle alternatif et, surtout, vérifier votre éligibilité aux subsides cantonaux. Ce cas pratique vous guide pas à pas.
L'assurance de base reste obligatoire, même sans salaire
La perte d'emploi ne suspend jamais l'obligation d'assurance maladie. La LAMal s'applique à toute personne domiciliée en Suisse, quel que soit son statut professionnel : salarié, indépendant, demandeur d'emploi ou bénéficiaire de l'aide sociale. Votre couverture de base ne s'interrompt donc pas, et il n'existe aucune démarche pour la « mettre en pause ». La prime continue d'être facturée par votre caisse maladie, indépendamment de vos revenus, puisque la LAMal fonctionne par tête et non en pourcentage du salaire.
Concrètement, vous restez affilié à la même caisse qu'avant votre licenciement. Si votre ancien employeur avait souscrit pour vous une assurance d'indemnités journalières en cas de maladie (relevant de la LCA ou de la LAMal collective), celle-ci s'éteint généralement à la fin des rapports de travail. Vous pouvez parfois la transformer en assurance individuelle dans un délai limité. L'assurance de base, en revanche, vous suit toujours : c'est elle qu'il faut désormais optimiser pour réduire la charge mensuelle.
Cas pratique : ajuster la franchise pour respirer
Prenons l'exemple d'une personne au chômage, en bonne santé et consultant rarement un médecin. La franchise est le premier levier : plus elle est élevée, plus la prime mensuelle baisse. Les paliers fixés par la loi vont de 300 à 2500 CHF pour les adultes (jusqu'à 600 CHF pour les enfants). Choisir une franchise haute peut réduire la prime de manière substantielle, parfois de l'ordre de 20 à 40 % selon la caisse et la région, à condition d'assumer ce montant en cas de soins imprévus.
Peser le risque avant de décider Le calcul mérite réflexion. Une franchise élevée n'est intéressante que si vos frais de santé annuels restent bas. À cela s'ajoute la quote-part de 10 % sur les soins dépassant la franchise, plafonnée à 700 CHF par an pour un adulte (350 CHF pour un enfant). Si vous traversez une période où vous consultez peu, la franchise maximale optimise vos économies. En revanche, un traitement régulier ou une grossesse changent l'équation : mieux vaut alors une franchise basse. Notez qu'un changement de franchise s'opère généralement pour le 1er janvier.
Changer de modèle d'assurance pour faire baisser la prime
Au-delà de la franchise, le modèle d'assurance influence fortement le montant de la prime. Le modèle standard, avec libre choix du médecin, est le plus cher. Les modèles alternatifs offrent des réductions appréciables en échange d'un parcours de soins encadré : le modèle médecin de famille, le modèle HMO (centre de santé), le modèle Telmed (conseil téléphonique préalable) ou encore les modèles en pharmacie. Selon le modèle et la caisse, l'économie peut atteindre 10 à 25 % sur la prime de base.
Pendant le chômage, basculer vers un modèle alternatif est souvent la solution la plus indolore : la couverture reste strictement identique, seul l'accès aux soins est organisé différemment. Vous conservez exactement les mêmes prestations remboursées, fixées par la loi fédérale. Avant de changer, vérifiez que votre médecin de famille ou les centres partenaires figurent dans le réseau proposé. Le changement de modèle peut souvent se faire en cours d'année, contrairement au changement de caisse, soumis lui à des délais de résiliation précis.
Subsides cantonaux : le levier le plus puissant
C'est souvent l'élément décisif au chômage : la réduction individuelle de primes (subside) accordée par votre canton de domicile. Lorsque vos revenus chutent, vous pouvez devenir éligible à une aide qui prend en charge une partie, voire la totalité, de votre prime d'assurance de base. Chaque canton fixe ses propres seuils de revenu et sa procédure. Beaucoup de personnes ne demandent jamais ce subside, faute d'information, alors qu'elles y auraient droit après une perte d'emploi.
Comment vérifier votre éligibilité Le calcul repose sur votre revenu déterminant récent, et non sur celui de l'année précédente où vous travailliez encore. Une baisse importante et durable de vos ressources justifie donc une demande, même si vous n'étiez pas éligible auparavant. Adressez-vous à l'office cantonal compétent (caisse de compensation ou service des assurances sociales) ou utilisez le simulateur en ligne de votre canton. Préparez vos justificatifs : décompte de l'assurance chômage, dernière taxation et composition du ménage. Le subside peut alléger votre prime de façon déterminante.
Démarches concrètes et erreurs à éviter
Pour agir vite, procédez par ordre. D'abord, demandez le subside cantonal : c'est l'aide la plus impactante et elle ne dépend pas de votre caisse. Ensuite, réévaluez votre franchise et votre modèle d'assurance pour le 1er janvier, en respectant l'échéance de résiliation de fin novembre et le préavis d'un mois. Enfin, si vous changez de caisse, ne résiliez l'ancienne qu'une fois la nouvelle affiliation confirmée par écrit, afin d'éviter toute rupture de couverture.
L'erreur la plus fréquente consiste à arrêter de payer ses primes par manque de moyens. C'est à proscrire absolument : les arriérés entraînent des poursuites et, dans certains cantons, une restriction des prestations aux seuls soins d'urgence. Si vous ne parvenez pas à payer, contactez immédiatement votre caisse et l'office cantonal pour trouver un arrangement ou activer le subside rétroactivement. Mieux vaut signaler ses difficultés tôt que de laisser la dette s'accumuler pendant le chômage.
Questions fréquentes
Puis-je résilier mon assurance de base pendant le chômage pour économiser ?
Non. L'assurance de base LAMal est obligatoire pour toute personne domiciliée en Suisse, quel que soit votre statut professionnel. Vous ne pouvez pas la suspendre ni la supprimer pendant le chômage. En revanche, vous pouvez optimiser votre prime en ajustant la franchise, en choisissant un modèle alternatif et en demandant le subside cantonal auquel votre baisse de revenu peut vous rendre éligible.
Mon ancien employeur payait une partie de ma prime, que se passe-t-il ?
En réalité, la prime LAMal est en principe entièrement à votre charge, l'employeur ne la finance pas. Ce qui s'éteint à la fin du contrat, c'est souvent l'assurance collective d'indemnités journalières en cas de maladie. Vous disposez parfois d'un délai limité pour la transformer en couverture individuelle. Votre assurance de base, elle, reste inchangée et continue normalement, indépendamment de votre situation d'emploi.
Comment savoir si j'ai droit à un subside après ma perte d'emploi ?
Le subside dépend de votre revenu déterminant actuel, fortement réduit au chômage, et non de votre ancien salaire. Chaque canton fixe ses seuils. Contactez l'office cantonal compétent (caisse de compensation ou service des assurances sociales) ou utilisez le simulateur en ligne de votre canton. Préparez vos décomptes de chômage et votre composition de ménage : une baisse durable de revenus ouvre souvent un droit, même sans éligibilité passée.