Par Équipe JA Technology · Publié le 13 mai 2027 · 5 min de lecture

Vous formez un couple et envisagez une grossesse pour l'année à venir ? Votre choix de franchise LAMal mérite une réflexion anticipée. En temps normal, une franchise élevée allège la prime des personnes en bonne santé. Mais une grossesse programmée bouleverse ce calcul : les frais de suivi, d'accouchement et de séjour se concentrent sur une seule année civile. Cet article vous explique pourquoi une franchise basse peut alors devenir judicieuse, comment respecter l'échéance de fin novembre et ce que recouvre l'exonération de quote-part liée à la maternité.
Pourquoi la franchise se repense en cas de grossesse planifiée
Dans l'assurance de base obligatoire, vous choisissez chaque année une franchise comprise entre 300 et 2500 CHF pour un adulte. Plus elle est haute, plus votre prime mensuelle baisse, mais plus vous payez de votre poche avant l'intervention de la caisse. Pour une personne jeune et rarement malade, une franchise élevée est souvent rationnelle, car les frais de santé annuels restent modestes et l'économie sur la prime l'emporte.
Une grossesse planifiée renverse cette logique. Les consultations de suivi, les échographies, l'accouchement et l'éventuelle hospitalisation représentent des frais importants concentrés sur douze mois. Si votre franchise est élevée, vous risquez d'en assumer la totalité avant tout remboursement. Anticiper le projet permet de basculer vers une franchise basse l'année concernée, afin que la couverture intervienne plus tôt et limite votre reste à charge.
Le calendrier : changer de franchise avant fin novembre
Le changement de franchise au sein de la LAMal obéit à un calendrier précis. La modification prend effet au 1er janvier de l'année suivante. Pour qu'elle soit valide, votre demande doit parvenir à la caisse maladie avant l'échéance de fin novembre, en respectant le préavis d'un mois. Concrètement, si vous projetez une grossesse pour l'année prochaine, c'est durant l'automne en cours qu'il faut agir pour ajuster votre franchise à la baisse.
Anticiper plutôt que subir Le piège classique consiste à attendre la confirmation de la grossesse pour réagir. Or, une fois l'échéance de fin novembre passée, la franchise est figée pour toute l'année civile suivante. Si votre projet d'enfant est sérieux et à court terme, planifiez le passage à une franchise basse dès la période de résiliation, sans attendre un test positif. Cette anticipation est la clé d'une optimisation réussie sur l'année de la naissance.
L'exonération de quote-part liée à la maternité
La loi prévoit une protection particulière pour la maternité. Au-delà de la prise en charge des prestations spécifiques (contrôles de grossesse, accouchement, conseils d'allaitement), la femme enceinte bénéficie d'une exonération : pour les prestations de maternité proprement dites, ni la franchise ni la quote-part ne sont prélevées. Cette franchise zéro s'applique sur une période définie autour de l'accouchement, ce qui réduit nettement le coût final des soins liés à la grossesse.
Attention toutefois : cette exonération ne couvre pas l'ensemble des frais de l'année. Les soins sans lien direct avec la maternité, une maladie concomitante ou les frais du nourrisson après la naissance restent soumis au régime ordinaire de franchise et de quote-part. C'est précisément pour ces frais non exonérés qu'une franchise basse, choisie en amont, conserve tout son intérêt sur l'année de la naissance.
Le nouveau-né : une affiliation et une franchise à prévoir
L'enfant à naître constitue un assuré distinct dès sa venue au monde. Il doit être affilié à une caisse maladie, idéalement dans les trois mois suivant la naissance pour garantir une couverture rétroactive au jour de l'accouchement. Sans cette démarche dans les délais, des lacunes de couverture ou des complications administratives peuvent survenir au pire moment.
Pour le nourrisson, la franchise se choisit aussi : les enfants relèvent d'un barème allant de 0 à 600 CHF, distinct de celui des adultes. Un nouveau-né génère souvent des consultations pédiatriques, des vaccins et des contrôles durant ses premiers mois. Une franchise basse, voire nulle, peut donc s'avérer cohérente la première année, le temps d'observer son rythme de recours aux soins avant tout ajustement ultérieur.
Combien peut-on réellement gagner avec cette stratégie ?
L'arbitrage repose sur une comparaison simple. En passant à une franchise basse l'année de la grossesse, vous payez une prime mensuelle plus élevée, mais vous récupérez bien plus tôt la prise en charge des frais non exonérés. Selon votre profil et votre canton, l'écart de prime entre une franchise minimale et une franchise maximale peut représenter une part substantielle du budget santé annuel, généralement de l'ordre de plusieurs dizaines de pourcents sur la composante prime.
L'année suivante, une fois la naissance passée et la situation stabilisée, rien ne vous empêche de remonter votre franchise pour réduire à nouveau votre prime, si votre santé le permet. La franchise n'est pas un choix figé : elle se réévalue chaque automne. La bonne approche consiste donc à raisonner année par année, en alignant votre franchise sur les frais de santé que vous anticipez raisonnablement pour les douze mois à venir.
Questions fréquentes
Dois-je attendre d'être enceinte pour changer ma franchise ?
Non, et c'est même déconseillé. Le changement de franchise ne prend effet qu'au 1er janvier suivant, après une demande déposée avant l'échéance de fin novembre. Si vous attendez un test positif tardif, l'échéance peut être passée et votre franchise restera figée toute l'année. Mieux vaut anticiper le passage à une franchise basse dès l'automne précédant l'année où vous projetez la grossesse.
L'exonération maternité couvre-t-elle vraiment tous mes frais ?
Non. L'exonération de franchise et de quote-part s'applique aux prestations de maternité (suivi de grossesse, accouchement, prestations associées) sur une période définie autour de la naissance. En revanche, les soins sans lien avec la maternité, une maladie concomitante ou les frais du nouveau-né restent soumis au régime ordinaire. Une franchise basse reste donc utile pour ces dépenses non exonérées.
Quelle franchise choisir pour mon bébé après la naissance ?
Pour un enfant, la franchise va de 0 à 600 CHF, un barème distinct de celui des adultes. Un nourrisson génère souvent des consultations pédiatriques, des vaccins et des contrôles la première année. Une franchise basse ou nulle est donc fréquemment cohérente au départ. Pensez aussi à affilier le nouveau-né dans les trois mois suivant la naissance pour une couverture rétroactive.